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samedi 31 janvier 2009

Beaucoup plus qu'un long voyage

Beaucoup plus qu'un long voyage
Texte paru dans La Presse, le 2 juin 2003

Tremblay, Jacinthe

LES GLOBE-TROTTERS du travail doivent apprendre à vivre avec le dépaysement et l'isolement. Mais attention: le choc culturel du retour est parfois encore plus grand.

Les Chinois ont adopté Michel Maeyens. En 1999, ce géologue à l'emploi de SNC-Lavalin recevait des mains du président de la République populaire de Chine le prestigieux Prix de l'amitié, décerné à 100 des 80 000 étrangers à l'oeuvre au pays.

L'automne dernier, il décidait pourtant de revenir vivre au Québec avec son épouse Ingrid. "Ici, c'est chez nous", dit ce Belge de 52 ans qui a travaillé dans près d'une quinzaine de pays.

Il fait partie de cette confrérie qui a choisi de quitter le métro-boulot-dodo pour aller travailler dans des pays en développement ou en émergence. Philippe Massé, lui, repart en juin pour Ouagadougou pour Oxfam-Québec. Paule Morin, directrice des ressources humaines et des communications de Développement International Desjardins, a travaillé en Tunisie, au Niger et au Sénégal. Vincent Morel, de la direction Afrique d'Oxfam-Québec, a oeuvré plusieurs années en République Centre Africaine et au Bénin.

Qu'ils aient contribué à l'érection de grands projets hydrauliques, comme Michel Maeyens, ou accompagné des femmes dans la création de coopératives de micro-crédit, comme Paule Morin, leurs témoignages se ressemblent.

Aptitudes

Paule Morin participe au recrutement chez Développement international Desjardins. Au-delà des compétences reliées directement à leurs fonctions, elle privilégie les candidats qui ont déjà vécu une ou des expériences d'adaptation. "Il leur sera plus facile de développer un nouveau réseau de contacts", dit-elle.

Autres qualités recherchées: le calme et le sens de l'humour. Elle déconseille également aux gens de partir pour fuir des problèmes personnels. "Les difficultés que nous connaissons ici sont multipliées par 10 à l'étranger, parce que l'environnement n'est pas sécurisant", précise-t-elle.

Vincent Morel, d'Oxfam-Québec, dit qu'il faut avoir une capacité d'écoute, d'observation et de la patience. "Il faut aussi être extrêmement débrouillard", dit-il. Il faut surtout être prêt à vivre éloigné de tout ce qui apporte la sécurité, c'est-à-dire la famille, les amis et les contacts professionnels.

Atterrir

Philippe Massé pense qu'un des mythes qu'il faut chasser avant de partir est de croire que l'on va dans ces pays pour "aider". "Il faut se dire que nous y allons aussi pour apprendre", insiste-t-il.

Dans les pays en développement ou en émergence, il faut revoir ses critères de performance et prévoir une période d'adaptation plus ou moins longue. Michel Maeyens, pourtant un habitué des déracinements, dit qu'il faut au moins de quatre à six mois pour se faire à la culture et à la façon de penser chinoise. "Après un ou deux ans, on finit par se sentir à l'aise", précise-t-il.

Vincent Morel connaît mieux l'Afrique. "Là-bas, nous nous retrouvons dans la peau d'un enfant de cinq ans qui doit apprendre à vivre en société.

"Il faut réapprendre des gestes aussi élémentaires qu'aller à la banque et faire le marché. Il faut enfin être prêt à faire partie de la minorité", prévient-il.

Les couples

Selon Paule Morin, le taux de séparation des couples expatriés est plus élevé, surtout si l'un des deux conjoints ne travaille pas ou n'a pas de projet personnel. "Si le départ n'est pas une décision véritablement commune, ou encore si le couple a déjà des difficultés, les risques de rupture sont grands", dit-elle.

Le couple Ingrid et Michel Maeyens a survécu à plus de 20 ans de déménagements. "Les clients étrangers ont la plupart du temps donné du travail à Ingrid", dit Michel. En Chine, par exemple, elle a enseigné l'anglais à l'université et a pu ainsi mettre sur pied son propre réseau professionnel.

Ingrid a également suivi des cours de peinture chinoise et entrepris, en 1998, l'écriture d'un livre racontant sa vie en Chine. Dans un des chapitres, elle raconte sa joie d'être considérée comme partie prenante de la communauté enseignante. "Pour eux, je ne suis plus seulement Mme Maeyens", écrit-elle.

Certains trouvent l'amour dans leur pays d'adoption temporaire. La copine de Philippe Massé est Burkinabée. Paule Morin a rencontré son mari, un Syrien né au Niger, pendant une mission au Sénégal.

Le travail à l'étranger peut également être une expérience extrêmement stimulante pour les enfants. "Ils peuvent fréquenter des écoles internationales et être très jeunes en contact avec d'autres cultures, notamment celles des autres représentants d'ONG et d'organismes ou entreprises internationales", note Vincent Morel. À l'adolescence, plusieurs jeunes souhaitent toutefois rentrer au pays.

Selon Paule Morin, ces constats s'appliquent tout autant pour les employés du secteur privé qu'aux coopérants des organismes non gouvernementaux. "La seule différence, ce sont les moyens dont ils disposent", dit-elle.

Le choc du retour

Pour Vincent Morel, le choc culturel peut être encore plus grand au retour. Une des grandes difficultés, pour ceux qui avaient quitté leur emploi, est de dénicher un nouveau travail. "Ceux qui sont partis pour de très longues périodes comme 10 ans ont généralement perdu leur réseau de contacts professionnels. De plus, les employeurs ne connaissent pas, et donc ne reconnaissent pas les acquis de cette expérience. Elle est souvent perçue comme un trou dans le CV", explique-t-il.

Certains employeurs croient aussi que ces travailleurs seront incapables de s'ajuster au rythme de travail nord-américain. "Un préjugé assez courant veut que nous ayons perdu le sens de la discipline et que le travail à l'étranger soit mollo. Rien n'est plus faux", dit Paule Morin.

En Chine, Michel Maeyens a maintes fois constaté qu'aux yeux de ses clients et collègues chinois, il était en service 24 heures sur 24, sept jours sur sept. "L'isolement amène souvent les coopérants à travailler sans arrêt", ajoute Vincent Morel.

Ceux qui dénichent un emploi doivent réapprendre à vivre dans un environnement de travail très compartimenté. À l'étranger, la polyvalence est de mise. Autre choc: le travail ici est assez... prévisible. "À l'étranger, nous vivons en accéléré. Nous faisons face à une multitude d'informations, de défis et de découvertes. C'est extrêmement stimulant d'un point de vue professionnel", dit Vincent Morel. Au retour, Paule Morin a même eu peur de s'ennuyer.

Il faut également reconstruire sa vie sociale. Philippe Massé a vécu une période de déstabilisation après deux années passées au Burkina Faso. "Une telle expérience nous change beaucoup et ce n'est qu'au retour qu'on le réalise. On voudrait que le monde autour de nous ait changé autant", témoigne-t-il. Après avoir travaillé pendant deux ans en Afrique sur des enjeux comme les droits de la personne, Philippe a trouvé, par exemple, bien anodins les scandales locaux étalés dans nos médias.

En rentrant au bercail, plusieurs souhaitent que leurs parents et amis s'intéressent à leur expérience. Ils sont souvent déçus. "On nous aborde souvent comme si on revenait d'un voyage en Floride", illustre Paule Morin.

Vincent Morel confirme cette frustration mais il croit par ailleurs que plusieurs coopérants sont un peu trop centrés sur eux-mêmes au retour. "Ils pensent qu'ils sont les seuls à avoir vécu des expériences importantes. Ils doivent eux aussi être à l'écoute des autres", insiste-t-il.

Repartir

Ingrid et Michel Maeyens veulent maintenant prendre racine pour vrai au Québec et profiter de leurs pied-à-terre à Montréal et dans les Laurentides. Ce qui n'exclut pas, pour Michel, de fréquents allers-retours en avion. Depuis octobre 2002, moment de sa rentrée officielle au Québec, il a effectué trois déplacements vers la Chine et il était à la Baie-James au moment de l'entrevue.

Philippe Massé, lui, repart au Burkina Faso ce mois-ci pour un contrat de deux ans avec Oxfam-Québec, après avoir déposé un mémoire de maîtrise sur l'utilisation d'Internet par les organisations de développement de ce pays. Reviendra-t-il vivre au Québec? Tout ce qu'il espère actuellement, c'est de retourner en Afrique le plus souvent possible.

Paule Morin et Vincent Morel sont maintenant installés au Québec. Ils voyagent également fréquemment à l'étranger. Aucun des deux n'exclut repartir à nouveau.

Dans l'intervalle, Paule Morin estime qu'elle demeurera pour toujours profondément marquée par son expérience. "J'ai appris à être conséquente et tolérante. J'ai développé une ouverture d'esprit et une certaine patience qui donne une chance aux autres et qui me permet de vivre plus sereinement", conclut-elle.

mardi 13 janvier 2009

Les dilemmes des surqualifiés

Plus d'un diplômé universitaire sur quatre est susceptible d'occuper un emploi qui ne requiert que des études secondaires. Chez les immigrants, c'est un sur deux. Accepter ou refuser? Le dilemme est grand.


Instruits, expérimentés et sous-utilisés
paru dans La Presse, le 15 juillet 2006

Les dilemmes des universitaires sans boulot sont nombreux. Accepter ou refuser les petits boulots ? Garder le cap sur leur expertise ou élargir les recherches ? Retourner aux études et, dans le cas des immigrants, retourner au pays.

Jacinthe Tremblay


En août prochain, Mohammed Berhili et Nadia Mechita s’envoleront vers le Maroc avec leurs deux enfants. Peut-être pour de bon. Arrivées il y a cinq ans à Montréal, ils ont, depuis, cherché en vain des emplois qui correspondent à leur expérience et à leurs compétences.

Avant d’immigrer, Mohammed était directeur des ventes du Hilton de Rabat et Nadia était gestionnaire dans une grande entreprise de télécommunications. Ici, ils ont emprunté le parcours de nombreux immigrants instruits et expérimentés. Ils ont fait des petits boulots, pour se doter de cette expérience canadienne tant réclamée par les employeurs et gagner des sous.

Mohammed a complété avec succès une maîtrise en gestion spécialisée en tourisme, à l’Université du Québec ainsi qu’un certificat en anglais, pour acquérir ces diplômes canadiens tant réclamés par les employeurs.

Il a postulé à deux reprises, toujours en vain, dans tous les hôtels 4 et 5 étoiles de Montréal et des environs. Il a offert ses services pour des postes de cadre dans d’autres secteurs d’activités. Toujours rien. Il a même adopté son surnom, Simo, dans son CV, à la suggestion d’une conseillère en recrutement. Lorsqu’elle lui a recommandé d’y ajouter un N, pour devenir Simon, il a refusé. « Pas question ! Est-ce qu’on embauche les gens pour leur nom ou pour ce qu’ils sont ? », lance-t-il avec une colère contenue.

Toujours sans emploi, les Berhili-Mechina sont maintenant face à un autre dilemme : rester ou ailleurs voir ailleurs. Ils ont choisi cette deuxième option. « Ça suffit ! J’ai 36 ans. J’ai peur que mon expérience se dissipe avec le temps. Pour l’instant, mes études ont amélioré mon profil. Si je ne trouve rien, je creuserai un grand trou dans mon CV », explique M. Berhili.

Ils feront d’abord de la prospection pendant trois ou quatre mois au Maroc, qui vit actuellement un boom touristique. S’ils ne dénichent rien, ils reviendront au Canada, ailleurs qu’au Québec.
Si leurs démarches des dernières années portaient fruit ici dans les prochaines semaines, ils resteraient avec plaisir. « Nous avons choisi le Québec », rappellent-ils.

Ils se désolent du grand gaspillage de ressources par les entreprises. « Nous faisons pourtant partie des immigrants sélectionnés pour leurs compétences par le Canada », insistent-ils.

Un grand problème

Le couple marocain fait partie des 52% de nouveaux immigrants universitaires qui, selon une étude de Statistique Canada publiée en avril dernier, occupent pour des périodes plus ou moins longues des emplois qui ne nécessitent qu’un diplôme d’études secondaires dans les 10 années après leur arrivée au pays.

Chez les universitaires nés au Canada, la proportion est presque deux fois moindre, soit 28%. Statistique Canada attribue en partie la sous-utilisation des immigrants instruits par les difficultés de reconnaissance des diplômes et de l’expérience acquise à l’étranger. Elle est aussi le résultat de la discrimination.

Les origines étrangères n’expliquent pas tout. Selon Statistique Canada, les surqualifiés, toutes origines confondues, se retrouvent en plus grand nombre chez les diplômés en commerce (37%) ainsi qu’en arts, sciences humaines et sciences sociales (32%).

Que faire ?

La conseillère en gestion de carrière Nathalie Martin, présidente d’Enjeux Carrière, constate que les travailleurs instruits et possédant beaucoup d’expérience ont tendance à trop se faire valoir. « Ils peuvent faire peur aux employeurs. Ils ont intérêt à être modestes dans la façon de présenter leurs réalisations et à adapter leur CV en fonction des postes, quitte à ne pas tout mettre », conseille-t-elle.

Elle recommande également à ces personnes d’effectuer des recherches plus ciblées, dans leur domaine, et à développer des liens directs avec des responsables des entreprises qui les intéressent.

Elle convient toutefois que l’approche des petits boulots est parfois incontournable, particulièrement pour les immigrants. Dans ces cas, elle suggère d’occuper des postes à temps partiels ou avec des horaires variables qui leur laissent le temps de chercher ailleurs.

Lorsqu’ils appliquent sur des postes pour lesquels ils ont surqualifiés, Mme Martin conseille d’expliquer aux employeurs pourquoi ils sont dans cette situation. « Tout est dans l’art de la communication et de la négociation. Ceux qui ont passé sans succès des entrevues auraient intérêt à se pratiquer avec un coach qui connaît bien les recruteurs », dit-elle.

Adel Ghamallah, responsable du comité professionnel au Centre culturel algérien de Montréal, accompagne plusieurs universitaires d’origine maghrébine dans leurs recherches d’emploi. Il observe que la motivation, la persévérance, l’attitude positive et la patience sont de mises.

« Il faut en moyenne trois ans et souvent plus pour trouver un poste intéressant. Pour les employeurs, c’est la motivation et l’attitude qui fait la différence, beaucoup plus que les compétences », dit-il.

La carrière : hasard ou stratégie ?


Plusieurs personnes pensent que le hasard a joué un rôle déterminant dans le développement de leur vie professionnelle. Les plans de carrière seraient-ils devenus obsolètes ? La réponse varie selon les environnements de travail.


Place aux projets de carrière
Texte paru dans La Presse, 8 avril 2006.

Dans un marché du travail en mouvance, les plans de carrière traditionnels sont souvent taillés en pièce ou bousculés par des imprévus. Désormais, il faut envisager autrement le contrôle de sa vie professionnelle.

Jacinthe Tremblay


Les 1000 employés et cadres mis à pied par CGI avaient-ils un plan de carrière ? Et les cuisiniers de l’Auberge Hatley ? Si oui, ils ont dû rapidement les revoir. À chaque jour, des décisions économiques, des rencontres ou des événements imprévus viennent bouleverser nos trajectoires professionnelles.

C’est parfois pour le pire. C’est parfois pour le meilleur, comme ce fut le cas pour Stéphane Rousseau lorsque le producteur de cinéma Thomas Langmann a pensé à offrir un rôle dans le prochain Astérix en voyant sa tête sur une Colonne Morris, à Paris.

Là encore, un concours de circonstances inattendu – le hasard -, a joué un rôle déterminant dans la carrière de l’humoriste. Quel est la part de hasard et de stratégies dans le développement professionnel des individus ?

Une étude menée par le Centre de recherche et d’intervention sur l’éducation et la vie au travail (CRIEVAT) de la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval http://www.crievat.fse.ulaval.ca/, apporte un éclairage intéressant sur la question. Entre 1994 et 2000, les chercheurs ont mené des entrevues à intervalle régulier avec des jeunes issus de programmes d’études secondaire, collégial ou universitaire menant au marché du travail, afin de mieux connaître leurs modes d’insertion et leurs trajectoires professionnels.

Quatre ans après l’obtention de leur diplôme, 35 % des quelque 150 jeunes interrogés par les chercheurs attribuaient à la chance et au hasard une place déterminante dans le succès de leur insertion professionnelle. Un autre groupe important, soit 34% des participants, identifiaient la combinaison de leurs efforts personnels et des bonnes opportunités à saisir comme étant la cause de leur insertion.

« Ces résultats reflètent la perception des jeunes. Ceux qui nous ont parlé de chance et de hasard faisaient souvent référence à leurs contacts et à leurs réseaux. Ils considéraient comme une chance ou un hasard le fait, par exemple, d’avoir eu un tuyau pour un emploi par un oncle », précise Geneviève Fournier, responsable de l’étude et chercheur régulière au CRIEVAT.

Par ailleurs, 25 % des jeunes attribuaient leur insertion à leurs compétences professionnelles et personnelles alors que seulement 6% la liaient à leurs efforts personnels. « Aujourd’hui, un très grand nombre de travailleurs doivent faire face à de nombreuses transitions, parfois prévisibles, souvent imprévisibles. Dans un tel contexte, le plan de carrière traditionnel, celui dont l’on connaît les tenants et aboutissants dans le temps, devrait être remplacé. Je pense qu’il faut de plus en plus formuler des projets de carrière et y inclure des zones de flexibilité », dit Mme Fournier.

La chercheure du CRIEVAT déplore toutefois que les travailleurs soient souvent les seuls à supporter le poids de cette flexibilité et de l’incertitude des marchés. Elle croit de plus qu’il ne faut pas balayer du revers les plans de carrière traditionnels. « Ils demeurent des outils intéressants dans certains environnements comme la grande entreprise ou la fonction publique », dit-elle.

Très 20e siècle

Catherine Saint-Sauveur, étudiante au doctorat en psychologie et stagiaire chez Dolmen Capital humain, est également frappée par les limites des plans de carrière traditionnels face aux nouvelles réalités du travail.

« La plupart des programmes de développement de carrière ont été conçus à l’époque où la vie professionnelle prenait des allures d’une colline : ascension vers le sommet, puis, descente douce vers la retraite. Ces programmes sont basés sur une séquence hiérarchique et temporelle qui s’accompagne de tâches à effectuer. Or, on ne peut plus prévoir le développement d’une carrière de cette manière », dit-elle.

Selon Mme Saint-Sauveur, le développement de carrière doit être vu comme un processus dynamique et continu, jamais totalement fini. « Il faut être constamment en éveil à d’autres options, tout le temps et être conscients que des stimuli extérieurs peuvent tout remettre en question », ajoute-t-elle.

« La planification de carrière fait très 20e siècle », résume avec un brin d’ironie son superviseur de stage Pascal Savard, psychologue organisationnel, CHRA et vice-président de Dolmen Capital humain. « Il faut maintenant développer son employabilité et ses capacités d’adaptation plutôt que de suivre un cheminement de carrière immuable », conseille-t-il.