Les notes biographiques - je l'ai compris à l'usage, à l'écriture et parfois à l'usure - sont des petits portraits de nous que nous devons ciseler.
Selon les circonstances, les étapes de notre vie et leur lectorat.
Qui sommes-nous - et qui pouvons et devons nous êtres - pour les participants à une conférence? Pour un employeur potentiel? Pour les lecteurs d'un livre? Pour les membres de réseaux sociaux virtuels? Pour des amis? Des clients? Des publics? Des fournisseurs? Les médias?
Toujours la même personne, mais sous des angles et avec un étalage de réalisations différentes. «Ne jamais mentir. Ne jamais tout dire». C'est ce que j'ai retenu de mes longues années à scruter le monde du travail et la vie en général.
«Never apologize», ai-je aussi retenu d'une merveilleuse professeur d'anglais croisée pendant un cours d'été au Collège Bishop, à Lennoxville.
Tout l'art des notes biographiques est là, je crois.
Et parce qu'il n'est pas facile de traduire ces conseils, j'ai pensé les expliquer au fil des entrées dans ce carnet. J'ai aussi pensé que je pourrais faire oeuvre utile - pour certains d'entre vous, mais aussi pour ma fille et moi qui avons des factures à payer - d'offrir un service de textes-photos de notes biographiques.
Les PDG en ont besoin. Ils doivent en inclure dans leurs rapports annuels. Les vedettes aussi. Nous pouvons faire ça! Aussi. Mais à chaque jour, des personnes regroupées dans la grande catégorie du «commun des mortels» doivent aussi mettre en mots ce qu'ils ont fait, ce qu'ils peuvent faire et ce qu'ils feront. En tentant d'écrire ce qu'ils sont.
C'est à la fois difficile et possible. C'est le propos de ce carnet. Par nos conseils, qui seront offerts par des billets et des liens avec des sites Internet. Et par nos services, que nous vous invitons à utiliser si vous en sentez le besoin.
Et comme les temps sont incertains - au mieux - et durs -, nous espérons faire oeuvre utile.
Jacinthe Tremblay et fille
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samedi 31 janvier 2009
lundi 12 janvier 2009
De quelques versions de notes biographiques : Jacinthe Tremblay... aspirante poète
Notes biographiques accompagnant un texte soumis au concours de poésie du Fête des Chants de Marins de Saint-Jean-Port-Joli, au Québec.
Jacinthe Tremblay a grandi au bord du Lac Matapédia, à Sayabec. Elle a étudié à Rimouski et passé de longues heures sur son quai. Elle a habité à Sorel, près du fleuve et vit maintenant sur l’île de Montréal. Elle est une femme d’eau, de montagnes et de mots.
Elle gagne depuis toujours sa vie avec des textes. Économiques, politiques, sportifs, sociaux et culturels. Mais rarement poétiques. Sauf à l’adolescence, alors qu’elle a été trois fois lauréate provinciale du concours de la chanson 4-H. Elle avait compris que le nombre restreint de candidats augmenterait ses chances de gagner le voyage gratuit en train à Montréal qui venait avec la bourse! On lui a également décerné quelques prix de journalisme.
Février 2002
PS. Mon poème, La mère, a gagné le troisième prix de ce concours. Il a été publié dans le recueil Les mots à la dérive, La Fête des chants marin, Saint-Jean-Port-Joli, 2008.
Le voici :
La mère
Elle ne dansait jamais, la mère. Mais elle venait, parfois, s’asseoir au bout du quai.
Il n’y avait pas de banc, au bout du quai.
Juste l’illusion d’un espace, d’un repère, pour regarder.
Elle s’imaginait un banc. Mais il n’y avait pas de banc.
Juste la mer à regarder. Debout.
Bleue, verte, grise, turquoise, brune même. Parfois.
Les jours de vents roses, elle voyait un autre monde.
Tout près et si loin. Rond et creux. Bleu, vert ou gris. Ou invisible.
Dans la brume, dans le vent brun.
Il n’y avait rien. Ou il y avait le bout du monde. La fin du monde d’un monde infini.
…
Elle ne dansait jamais la mère, mais la mer la faisait rêver.
Rêveuse, la mère.
Une mer de rêve.
Un rêve de mère.
…
Sur son banc, elle voyait un bout de bois dansant sur la mer.
Elle imaginait un bout de banc. Mais il n’y avait pas de banc.
Juste l’illusion d’un banc sculpté par sa danse sur la mer.
A-t-il voyagé longtemps? Loin? Entre les deux côtés de l’infini? se demandait la mère.
De Moscou à Rimouski? Du Mississipi à Kamouraska? De Port-au-Persil à l’Anse-Pleureuse?
Qu’importe.
Un bout de banc était venu danser devant la mère.
Il avait voyagé pour venir danser devant son quai.
…
Encore et encore, la mère suit du regard et du cœur le bleu, le vert, le gris, le turquoise et même, le brun de la mer. Pour voyager.
Et elle voyage. Depuis son banc, qui n’est qu’un rêve de banc, elle se fonde à l’infini.
…
La mère ne danse pas. Elle rêve. Se marie au parcours de la mer.
Voyage-t-elle en face? Vers des ronds et des creux? Parfois.
Derrière, plus haut, vers le Sud? Jamais.
La mer n’a pas de regrets. Elle va devant.
Devant. Plus loin. Toujours.
Comme cette mère qui n’a pas de banc.
Et qui regarde la mer. Debout.
Jacinthe Tremblay
9 juillet 2001
***
Jacinthe Tremblay a grandi au bord du Lac Matapédia, à Sayabec. Elle a étudié à Rimouski et passé de longues heures sur son quai. Elle a habité à Sorel, près du fleuve et vit maintenant sur l’île de Montréal. Elle est une femme d’eau, de montagnes et de mots.
Elle gagne depuis toujours sa vie avec des textes. Économiques, politiques, sportifs, sociaux et culturels. Mais rarement poétiques. Sauf à l’adolescence, alors qu’elle a été trois fois lauréate provinciale du concours de la chanson 4-H. Elle avait compris que le nombre restreint de candidats augmenterait ses chances de gagner le voyage gratuit en train à Montréal qui venait avec la bourse! On lui a également décerné quelques prix de journalisme.
Février 2002
PS. Mon poème, La mère, a gagné le troisième prix de ce concours. Il a été publié dans le recueil Les mots à la dérive, La Fête des chants marin, Saint-Jean-Port-Joli, 2008.
Le voici :
La mère
Elle ne dansait jamais, la mère. Mais elle venait, parfois, s’asseoir au bout du quai.
Il n’y avait pas de banc, au bout du quai.
Juste l’illusion d’un espace, d’un repère, pour regarder.
Elle s’imaginait un banc. Mais il n’y avait pas de banc.
Juste la mer à regarder. Debout.
Bleue, verte, grise, turquoise, brune même. Parfois.
Les jours de vents roses, elle voyait un autre monde.
Tout près et si loin. Rond et creux. Bleu, vert ou gris. Ou invisible.
Dans la brume, dans le vent brun.
Il n’y avait rien. Ou il y avait le bout du monde. La fin du monde d’un monde infini.
…
Elle ne dansait jamais la mère, mais la mer la faisait rêver.
Rêveuse, la mère.
Une mer de rêve.
Un rêve de mère.
…
Sur son banc, elle voyait un bout de bois dansant sur la mer.
Elle imaginait un bout de banc. Mais il n’y avait pas de banc.
Juste l’illusion d’un banc sculpté par sa danse sur la mer.
A-t-il voyagé longtemps? Loin? Entre les deux côtés de l’infini? se demandait la mère.
De Moscou à Rimouski? Du Mississipi à Kamouraska? De Port-au-Persil à l’Anse-Pleureuse?
Qu’importe.
Un bout de banc était venu danser devant la mère.
Il avait voyagé pour venir danser devant son quai.
…
Encore et encore, la mère suit du regard et du cœur le bleu, le vert, le gris, le turquoise et même, le brun de la mer. Pour voyager.
Et elle voyage. Depuis son banc, qui n’est qu’un rêve de banc, elle se fonde à l’infini.
…
La mère ne danse pas. Elle rêve. Se marie au parcours de la mer.
Voyage-t-elle en face? Vers des ronds et des creux? Parfois.
Derrière, plus haut, vers le Sud? Jamais.
La mer n’a pas de regrets. Elle va devant.
Devant. Plus loin. Toujours.
Comme cette mère qui n’a pas de banc.
Et qui regarde la mer. Debout.
Jacinthe Tremblay
9 juillet 2001
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